Au crépuscule du Monde

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Lorkon Altok de Bolingie
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Au crépuscule du Monde 25/05/20 12:29

Chapitre 1: Une aube crépusculaire


Ce matin, le soleil se lève sur un pays silencieux, figé dans l’angoisse et dans l’attente. Tous les regards sont braqués sur le palais présidentiel, dans l’attente d’une éventuelle confirmation ou infirmation des assertions de la communauté mondiale: l’apocalypse serait en marche. Certains tremblent, d’autres se raccrochent à l’idée que tout ceci n’est qu’un mensonge, une idiotie de pays sous développés et désireux d’effrayer les grandes puissances. Mais la poignée de citoyens du milliards d’habitants qui a déjà vécu pareille catastrophe pleure en silence le sort d’un monde trop éphémère. 


Après plusieurs minutes d’attente, quand sonnent les coups de neuf heures, un homme d’avance. Il a conservé la force et la beauté de sa jeunesse, même si la fatigue des dernières semaines a tiré ses traits. Il n’est plus le sautillant président d’a peine 25 ans, dont le rêve de pacifisme fut brisé par une première catastrophe. Il est désormais un homme grave, au ton philosophe, à l’orgueil certain et avec la certitude d’être sage. Il commence à parler, et les mots coulent les uns après les autres, confirmant l’impensable: non la Genovie et Humaland, Penguinoland et les autres n’ont pas menti. Dans les étoiles, le destin de notre planète s’apprête à percuter dans une dizaine de cycles à violemment percuter le monde Anasthasien. Des pays entiers seront rayés de la surface, les alliances s’effondreront. Une poignée seulement de citoyens survivront, pas plus de 400 mille par pays. Notre confort, nos avancées seront oubliées, notre puissance, balayée, notre histoire, achevée. 

Alors l’homme se tait et écoute. Il entend les cris, les protestations, les pleurs et les querelles. Puis il lève les mains en signe d’impuissance et annonce la décision la plus difficile de son mandat: le mise en place d’un examen qui détermineras les citoyens les plus aptes à reconstruire le monde de demain, et qui seront protégés dans les complexes souterrains déjà usités il y a plus de 900 cycles. 


Enfin, le président finit son allocution par un géant Carpe Diem: aujourd’hui plus que jamais, nous devons saisir les derniers jours de notre vie. Puis il se retire, laissant à la confusion un milliard de citoyens. 


Il entend que certains lui crient qu’il est un hypocrite, que lui sera sauvé quoi qu’il arrive. Que sa famille, si elle existe, sera mise à l’abri. Il courbe le dos et s’engouffre dans un tunnel souterrain au palais présidentiel. Marchant seul quelques mètres, il pousse une porte et entre dans une grande pièce où se trouve un gigantesque écran représentant les souterrains. Il s’approche du general penché sur la carte, se redresse et lui demande: 



  • Général Lopy, les souterrains sont ils prêts 
  • Ils le sont président Altok. Vous ne serez qu’une poignée à survivre, mais nous sélectionnons les meilleurs, les plus intelligents, doués, empathiques... c’était la votre désir 

Une ombre passa sur le visage de Lorkon. Il hocha gravement la tête 


  • Nous n’avons guère le choix... combien de temps ont passé depuis la dernière apocalypse ? Je me perd dans ces cycles...
  • Douze années monsieur le président. Mais n’ayez crainte: vous saurez à nouveau les guider. La Bolingie survivras, et vous la mènerez vers un nouveau destin glorieux. 

Une lueur étrange passa dans les yeux du président Lorkon, Altok, et il répliqua d’une voix grave: 



  • Je ne pars pas. J’ai connu douze ans de bonheur aux côtés de ce pays. Mais il doit voler de ses propres ailes: je m’éteindrais avec lui. 



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Lorkon Altok de Bolingie
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Chapitre 2: L’homme de l’ombre 27/05/20 23:44


Le général palit, et secoua la tête: 



  • Vous ne pouvez pas faire cela Mr le président. Vous ne pouvez pas abandonner votre peuple !


Un rire sans joie irrita la gorge de l’homme. Il secoua la tête et passa une main dans ses cheveux, arrachant une mèche de cheveux blancs.  



  • Vous ne savez pas qui je suis général Lopy. Mes alliés me considèrent comme un exemple d’honnêteté et de stratégie, mes ennemis me prennent pour un modèle de traîtrise et de machiavélisme. Mais nul ne connaît l’homme derrière le masque présidentiel. 


A ces mots, l’homme quitta la pièce, s’engouffrant dans un long couloir adjacent. Dans son esprit tourbillonnaient les souvenirs d’un passé fragmenté, où se mêlaient vie publique et personnelle, transparence absolue et secrets les mieux gardés. S’arrêtant et s’appuyant contre un mur, son regard tomba enfin sur ce qu’il cherchait. Une large glace renforcée le séparait des souterrains où son peuple se réfugieraient très bientôt. Enfin... une partie tout du moins. 

Et les souvenirs de l’ancien monde l’assaillirent...


L’homme était bien plus jeune, présentant le visage juvénile d’un adolescent. Assis sur un canapé miteux, il regardait crépiter un vieux poste télé. Un homme aux cheveux ondulés y annonçait l’indépendance de la Bolingie, devant une foule en délire. Et le petit se promettait qu’un jour ce serait lui que l’on verrait, à galvaniser les foules, de l’autre côté de l’écran.


La foule et les cris l’acclamaient. Il était le plus jeune président de l’histoire du jeune pays, à peine deux décennies et demi. Après la fête de sa victoire, il était entré dans ce bureau, qui avait passé le temps. Il croyait en la paix à l’époque, fondateur d’une confédération de pays pacifiques et amicaux.


Et c’est la qu’il la vit... C’etait une journaliste, aux yeux turquoise, qui fit chavirer son cœur. L’idylle fut passionnée mais si courte... Il régit le teint pâle de la belle dans l’immaculé lit d’hôpital, ne lui laissant qu’un petit tas de couvertures et une tête ronde couverte d’une mèche de jais, avant de rejoindre les anges dans son château  des cieux... 

Ainsi commença le secret, la cachette de cette double vie.

L’existence de sa fille ne devait être connue de personne, même de ses plus proches alliés. 


Puis vint l’apocalypse... Les violons de l’enfer sonnèrent de leur cor maudit. Réfugié dans leur souterrain, les quelques heureux survivants durent rebâtir un monde nouveau. L’homme abandonna alors ses rêves, et rejoignit les rangs de ceux en qui il crut. La Ligue Éternelle, tant de guerres, de traités, de déclarations... Puis, au fil des ans, les mercenaires grandirent et devinrent de plus en plus puissants. Jusqu’à ce que certains prennent le contrôle du monde... 

Et pendant ce temps, sa fille grandissait, découvrait le monde. Et l’homme n’avait pas voulu que ce monde soit aussi noir pour de si beaux yeux... Alors il avait lutté, monter une coalition nouvelle, et l’oiseau de feu avait consumé ses adversaires. La justice, sa justice rayonnait enfin...


Mais dans les étoiles, une nouvelle apocalypse était annoncée. Alors l’homme avait tenté de saborder le navire avant de sombrer, mais tout avait dégénéré. Chassé pour la première fois, il n’avait du son salut qu’en des alliés ignorés, que vaniteusement il avait pensé pouvoir ignorer mais qui se révélèrent les derniers. 


Enfin revint il pour préparer la chute. Sa chute, et celle du monde. Ainsi résonnait il en sortant du couloir. Mais avant de partir, il devais dire au revoir à quelqu’un. Alors passa il une porte au fond du couloir, et entra dans un confortable salon. Face à lui, une vieille femme cousait, insensible à la noirceur de la fin des temps. Le voyant, un sourire édenté illumina son visage ridé, et elle lança d’une voix éraillée:


« - Elsa, viens vite ! Ton père veut te voir. »

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Lorkon Altok de Bolingie
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Chapitre 3: Un Père avant tout 28/05/20 15:54

Chapitre 3: Père avant tout 


L’homme entra, son visage fatigué s’éclairant une dernière fois. Quelques secondes passèrent, puis une adolescente aux long cheveux de jais entra. Ensemble ils parlèrent quelques minutes, mais les mots qu’ils se dirent, nul autres qu’eux même ne les connurent. Enfin, la jeune fille tourna brusquement les talons et sortit de la pièce, claquant violemment la porte. Une lueur mélancolique s’alluma dans les yeux de l’homme, mais il haussa les épaules, salua la gouvernante, puis sortit. C’était fini. Il jeta un coup d’œil à ce fichu cadran d’apocalypse. Dans quelques heures, des officiers viendraient chercher tous les habitants du complexe pour les emmener dans les souterrains. Il pensait déjà aux cris, aux critiques, peut être aux pleurs de certains quand il ne serait pas là pour les guider. Mais sa résolution était prise. Aussi il entra dans la dernière pièce, au bout du couloir. C’était une bibliothèque de petite taille. À une table, il était assis. Le moqueur scientifique des apocalypses, survivant des endroits oubliés, illusion presque réelle, être de chair semblant un mythe. Il tourna son visage poupin vers l’homme, et lança d’une voix enthousiaste:



  • Lorkon, quelle bonne surprise ! 
  • Professeur Ceniver... dites moi que nous sommes prêts. 
  • Bien sûr ! Les souterrains sont en place pour de nombreuses années si nécessaire. Vous avez, en cas d’apocalypse, le temps peut passer différemment selon les zones souterraines. D’après mes estimations, la Bolingie en a pour près de sept ans confinée sous terre.


L’homme hocha la tête d’un air rasséréner:



  • Bien, quand tous seras achevé, Elsa sera donc prête à prendre la place qui lui revient: celle de refonder la république. Je compte sur toi pour la guider.



  • Ne me dis pas que tu étais sérieux dans ta lubie Lorkon. Mourir au dehors, et puis quoi encore ? 



  • La fin du monde n’est pas paisible Ceniver. Nos soldats ont repoussé les assauts concertés des forces Toukiniste, mais sans la fin du monde, qui sait combien de temps nous aurions réellement tenu. 



  • Mais alors... c’est réellement terminé ? Ton œuvre...



  • Sera mon héritage. A l’Ombre d’Eden, l’honneur survivras.


Sur ces mystiques paroles, l’homme s’inclina et sortit enfin à l’air libre. Les oiseaux chantaient en ce jardin étrange, cet Éden qui demeurerait. Alors, à l’ombre d’une bienfaisante fontaine,‘il lança a voix haute: 


« - Je ne m’étais pas trompé. Ce sont nos valeurs qui sont éternelles.

Nous tous, êtres de chairs, sommes condamnés tôt ou tard au trépas. Mais la trace que nous laisserons sera notre réelle immortalité. Puisse la mienne permettre à la prochaine génération de bâtir un monde meilleur, ou les rêves d’hier seront devenus les réalités de demain ». 


Puis il s’assit la, à attendre la fin paisible. Un craquement se fit entendre dans le silence, puis une voix moqueuse, féminine, était ce la faucheuse ?


« - Tu pensais réellement que ce serait fini ? Ton vœu de te retirer est accordé, mon cher Lorkon. Mais ta mission n’est pas finie ».


Un coup sec, puis ce fut le noir. 

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Lorkon Altok de Bolingie
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Chapitre 4: Une étoile d’ailleurs 28/05/20 22:10

Les couloirs du complexe s’affolaient. Le décompte avait commencer. Dans les villes et dans les capables de tous le pays, chacun vivait son dernier Carpe diem.


Les derniers fidèles fonctionnaires qui voulaient servir leur fonction jusqu’à la fin amenaient dans les souterrains les quatre cent mille élus. Hommes, femmes et enfant, tous de moins de 50 ans, se pressaient, choisis pour bâtir le monde de demain. Ils s’apprêtaient à vivre, pour deux mille d’entre eux à revivre, plusieurs années confinées sous terre. 


Pourtant, des murmures étonnés se faisaient entendre. Tandis que le général Lopy et les autres membres du haut commandement militaire qui avaient été désignés pour être sauvés (la majorité affrontant toujours les troupes du Dauphiné à la frontière), le fauteuil présidentiel restait désespérément vide. 

Une adolescente, le visage crispé, fendit alors la foule avec aisance, échappant à la vieille femme qui l’a suivait. Elle parvint à passer la porte de sortie, et courut dans les couloirs du complexe gouvernemental, appelant son père par tous ses noms et titres. Mais rien n’y faisais, et a mesure que passaient les minutes, la fermeture des portes approchait. Enfin, elle fut stoppée dans son élan par un mystérieux inconnu en blouse blanche, qui l’attrapa par l’épaule pour l’empêcher de continuer sa course effrénée:


« - Mademoiselle Elsa, je vous en prie, les portes vont bientôt se refermer. 



  • Je ne partirais pas sans mon père ! Il est leur président... ou est il ?
  • Le président Lorkon... s’est rendu sur le front Dauphinois...
  • Vous me mentez ! Je connais sa fichue lubie ! Il doit...


Elle s’interrompit quand l’homme étrange braqua ses prunelles fantomatiques, d’un étrange bleu pâle,’presque translucide, sur elle. La jeune fille se coupa net et murmura avec effroi:


« - Qu’êtes vous...



  • Il y a bien longtemps je fus président, chef d’une nation scientifique. Je fut l’architecte de bien des projets, et je mène le dernier à son terme. Votre père m’a chargé de veiller à votre sécurité. Vous devez comprendre, Elsa, que sa mission s’achève, et que la votre commence. 
  • Mais il doit nous guider... il ne peut nous abandonner ! 
  • Il ne nous abandonne pas. Quand le monde s’éveillera, vous assumerez son héritage. 
  • Qui, moi ? Une gamine cachée aux yeux de tous depuis sa naissance ? 
  • Vous serez prête... 

Entortillant ses longs cheveux de jais, Elsa répondit:



  • Je ne peux pas... Je n’arrive pas à croire que tout soit fini. Tout est passé si vite...
  • Votre père a laissé un message à la nation Bolinge.
  • Et moi ? Je ne veux pas encore un de ses discours polissés ! Il ne m’a jamais aimer vraiment...


Un léger sourire étira les lèvres de l’homme, et il appuya sur un bouton sur le mur. Aussitot, le dernier discours du président Lorkon Altok fut diffusé dans toute la Bolingie. Puis, dans un silence complet, l’architecte ramena aux tunnels la jeune fille. Avant de partir, il reprit d’une voix douce amère: 



  • Soyez forte Elsa. C’était là le dernier message de votre père. Il cherchait simplement à vous protéger. Mais sachez qu’au dehors, vous trouverez la force et la foi. Souvenez vous de ces quelques mots, qui prendront au futur leur sens: ne doutez jamais de vos valeurs. Suivez le vol des papillons, philosophez aux jardins de la sagesse. Écoutez chantez les voix anciennes, et fendez les mers de votre vaisseau de justice. N’oubliez jamais le passé, mais ayez foi en l’avenir que vous construirez. Soyez lionne ou renard quand vous le devrez, ne laissez pas l’arrogance vous consumez. Contemplez, au pied de sa statue d’airain, en votre cœur et en vos mains, les ruines des antiques citadelles. Souvenez vous combien la mort rend nos vies si belles. Votre père avait le projet de rendre le monde meilleur, alors méditez les derniers mots de Lorkon Altok. Et, quand s’ouvriront les portes vers ce paradis dont vous devrez construire la lumière, à l’ombre d’Éden, vous trouverez vos réponses.


A ces mots mystérieux, Elsa fut poussée dans les tunnels. Quelques secondes plus tard, la voix du général Lopy résonna: 


« - Mesdames et messieurs, dites adieu au monde. Votre nouvelle existence commence. Que les portes se ferment. »


Et l’on pu voir, avant que ne s’évanouisse le monde extérieur, la silhouette de l’architecte s’évanouir. Puis les portes se fermèrent.


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Le bruit des vagues de la mer. L’homme se leva avec difficulté. Il marcha ensuite sur les galets déserts. Puis il entendit la douceur d’une conversation: était il au paradis ? S’approchant du bruit, il s’arrêta et demeura partis face au spectacle qui s’imposa à lui. Assis à une table, devisant avec allégresse, tous les dirigeants disparus et regrettés. En bout de table, le Roi Lion Skiiz le convia et lança de sa voix tonitruante:



  • Au dernier d’entre nous, Lorkon Altok de Bolingie. Nous t’attendions. 


Ce dernier regarda tour à tour, ébahi, défiler les visages. Chuck Norris l’invincible, Meruem le Fourbe, Meliodas l’agressive. Le gros Karadoc, le sage Myst, le tenace Jon Pololo. En face d’eux, l’éternel Kenichi, le mystérieux Abou,’le bouillant Alcalata, l’hautaine atlante Kida, le brave Kilua, et enfin l’insaisissable Goulou. Il s’assit en bout de table, face à Skiiz. Peut être y trouvait il sa place, à la place des grands disparus. 

Une nouvelle aube se levait, et soudain ses prunelles s’ouvrirent vers la vérité. Était ce l’Aube de l’au-delà ? Ou les premières lueurs d’un nouveau monde ? 

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