L’ap


Il y a bien des cycles qu’il quitta son promontoire pour des cieux éloignées. Longtemps déjà que son regard de braises a désertés les vallons d’Anathas. Mais il est demeuré dans les mémoires comme le garant jadis de la paix et de la prospérité. Beaucoup on espère entendre à nouveau son appel, mais le silence ténébreux des montagnes inaccessibles où il nichait fit leur seule réponse. 


Mais jamais n’a cessé de veiller d’un autre monde le gardien immémorial des valeurs de justice. Réincarné en de multiples avatars, il a su garantir et faire revenir une paix parfois menacée. 


Mais, face à la menace rampante d’un volcan prêt à cracher ses flammes, il lui apparaît que seuls, les nouveaux maîtres du château de Ronin seront trop naïfs, trop nouveaux, pour réussir seul à garantir ce qu’ils ont construits. Les mercenaires se relèvent, l’homme de l’ombre est devenu le chef du monde libre. L’arche a brûlé, l’Eden est parti, les chefs de jadis ont déposé leur chapeau ou ont sombré dans le déni aberrant et les tréfonds de l’impuissance. 


Alors, quand les repères de jadis sont balayés, de nouveaux guerriers tentent de s’approprier les gloires de leurs chefs oubliés. Certains s’illustrent de leur puissance, d’autres ne démontrent que leur incapacité à diriger. 


Et c’est dans ce monde divisé et en mutation que soudain, l’appel se fit entendre. Passant les montagnes, les forêts et les villes. Une lueur d’espoir ou de haine s’alluma dans les yeux des Anasthasiens. Il était de retour.


L’oiseau de feu a tiré sa révérence il y a bien longtemps. Mais le voilà qui renaît de ses cendres, des cendres de l’Eden calciné, de celles des alliances brûlées et des états consumés. Et il n’a rien perdu de son éclat d’antan.