L’ocre du soleil s’effaçait des sables brûlants de ce désert sans âme dans lequel tant d’opposants avaient perdus la vie, consumés par les sables asphyxiants leur conscience. Non loin de ces étendues silencieuses, l’ocre se mêlait aux nuances rougeâtres d’un sang qui s’écoulait et empuantissait encore ce petit état désertique. Des cris, des tirs, des explosions résonnaient dans l’air: le Khemed était à feu et à sang.
Sur les cendres brûlantes des puits de pétrole jadis prospère, des hommes avançaient ou reculaient, fuyant les combats ou avançant en territoire ennemi. Certains venaient d’Inglorium, d’autres fuyaient vers un royaume de prétendue lumière, d’autres enfin s’asseyaient au sol et pleuraient la catharsis de leur misère humaine.
Meme le brillant palais de dorures de l’émir avait fondu dans un bombardement. L’émir avait depuis bien longtemps abdique les derniers avatars de sa santé mentale: il abjurait sans cesse des commandements délirants que ses hommes suivaient avec dévotion.
Dans l’anarchie ambiante ou l’on mouraient à tous les étages, entre quelques convois d’aides humanitaires, un ermite vêtu d’une bure élimée avançait d’un pas tranquille. A ceux qui l’interpellaient, il jetait un regard qui les figeaient. Un sourire satisfait régnait à son visage: l’ennemi se consumait enfin.
Dirigeants du monde entier, nous avons trouvé ce carnet dans les décombres d’une pagode. Nous, journalistes en exil du Khemed, en appelont à votre sagesse et votre clairvoyance. Nous avons besoin de votre aide pour découvrir davantage sur qui pourrait être cet ermite et que vient t’il faire dans les décombres que sont devenues le Khemed. Il en va de la vie de millions d’humaines partout en ce monde; il en va peut être même de la votre.
Fin de communications.










