Les vagues s’écrasaient sur le rivage, charriant des montagnes de sable et les renvoyant se noyer au fond des abysses. Quelques épaves venaient s’écraser sur la berge, puis, emportées par les flots, repartait vers le large, piégées dans un éternel roulis par les flots déchaînés. Quelques pillards accouraient pour dénicher quelque bibelot d’une nation disparue depuis désormais une bonne vingtaine cycles.
Non loin du rivage, quelques rochers déchiquetés servaient de promontoire au solitaire contemplateur qui vivait la. Ses traits étaient burinés, ses cheveux prématurément blanchis. Assis sur les pierres, il contemplait la mer, jetant parfois un quelconque caillou à la face des flots.
Son vieux costume bleu noir tombait désormais en lambeaux. Sa barbe, jadis finement taillée, était désormais à moitié tondue par une pierre coupante et lui donnait un aspect miteux. Enfermé dans ses souvenirs, il suivait d’un œil silencieux l’activité sur la plage, les yeux injectés par de nombreuses nuits d’insomnies.
Soudain, un bruit interrompit sa méditative réflexion. Agacé, il tacha d’ignorer la volée de cloches qui venait de *la bas*. Mais cette cavalcade là semblait différente, plus bruyante, s’imposant à ses sens affûtés... Alors, n’y tenant plus, le jeune vieillard tourna son regard aigri vers la cité d’or. Il refusait de s’en approcher, sachant qu’elle était un artefact de l’ancien monde. Et pourtant... tout semblait différent. Balayant la route qui reliait la plage aux portes, il vit s’affaire une foule compacte de gens affolés. Définitivement contrarié par tant d’agitation, il sauta de ses rochers pour se mêler à la foule et partir d’un pas pressé vers les portes de Valyria.
Évitant les badauds qui s’affolaient, ignorant les conversations dont il percevait d’inconnus échos, il avala rapidement d’une marche soutenue le chemin jusqu’à la ville, et s’engouffra dans sa rue principale. La encore, l’agitation régnait. Des gens pleuraient, criaient, se disputaient... Il n’avait plus vu une telle anarchie depuis... Non il devait oublier, ne plus se remémorer...
Prenant soudain conscience de son état assoiffé, il dirigea ses pas vers ce qui semblait à première vue une auberge. Entrant dans l’établissement, il se retrouva au milieu d’une salle bondée et s’assit à une table, dans un coin isolé. La encore, les clients palabraient avec animation, mais il ne savait de quoi...
Usant du pécule accordé par sa protectrice avant de disparaître, il commanda une bière locale et laissa la fraîcheur de la boisson soulager son gosier. Ce n’est qu’ensuite qu’il remarqua l’homme d’une cinquantaine d’années qui lisait le journal en face de lui. Il aurait aimé être seul... Mais l’autre ne désirait apparament que parler des derniers événement , car il lui lança:
- Vous avez vu mon ami cette agitation ? La capitale est en emoi ?
- Pour quelle raison ?, répliqua l’homme, revêche
- D’où sortez vous donc ? L’Eden est disparu dans les ombres, ses membres dispersés, son rêve, disparu.
Ne comprenant rien à ce que disais son interlocuteur, l’homme haussa les épaules. D’autres alliances, d’autres échecs... classique. Portant, il manqua de s’étouffer quand l’autre reprit:
- Elle n’aura guère survécu à Altok
- Altok ?
- Bien sûr Elsa Altok, la guide de Bolingie. Ça vous dis quelque chose ?
Mais l’homme ne répondit pas. Son regard était figé dans le vide. Sur l’horizon. Et soudain, il se leva, marcha d’un pas décidé vers son unique but.
Il y etait. Arrivant devant les portes du Palais Royal, il semblait avoir retrouver son entrain d’antan. Aussi ignoras il le murmure paniqué « ils arrivent » des gardes quand il passa la porte comme visiteur. Arrivé devant la salle d’audience, il lança d’une voix claire:
- Je dois parler à la reine Daenerys Targaryen. C’est une urgence de premier ordre.