Là où s’arrête l’illusion

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Lorkon Altok de Bolingie
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Il n’y a pas d’histoire, seulement la légende...
76e
Révérencia
Là où s’arrête l’illusion 02/07/20 1:04

Les vagues s’écrasaient sur le rivage, charriant des montagnes de sable et les renvoyant se noyer au fond des abysses. Quelques épaves venaient s’écraser sur la berge, puis, emportées par les flots, repartait vers le large, piégées dans un éternel roulis par les flots déchaînés. Quelques pillards accouraient pour dénicher quelque bibelot d’une nation disparue depuis désormais une bonne vingtaine cycles. 


Non loin du rivage, quelques rochers déchiquetés servaient de promontoire au solitaire contemplateur qui vivait la. Ses traits étaient burinés, ses cheveux prématurément blanchis. Assis sur les pierres, il contemplait la mer, jetant parfois un quelconque caillou à la face des flots. 

Son vieux costume bleu noir tombait désormais en lambeaux. Sa barbe, jadis finement taillée, était désormais à moitié tondue par une pierre coupante et lui donnait un aspect miteux. Enfermé dans ses souvenirs, il suivait d’un œil silencieux l’activité sur la plage, les yeux injectés par de nombreuses nuits d’insomnies. 


Soudain, un bruit interrompit sa méditative réflexion. Agacé, il tacha d’ignorer la volée de cloches qui venait de *la bas*. Mais cette cavalcade là semblait différente, plus bruyante, s’imposant à ses sens affûtés... Alors, n’y tenant plus, le jeune vieillard tourna son regard aigri vers la cité d’or. Il refusait de s’en approcher, sachant qu’elle était un artefact de l’ancien monde. Et pourtant... tout semblait différent. Balayant la route qui reliait la plage aux portes, il vit s’affaire une foule compacte de gens affolés. Définitivement contrarié par tant d’agitation, il sauta de ses rochers pour se mêler à la foule et partir d’un pas pressé vers les portes de Valyria.


Évitant les badauds qui s’affolaient, ignorant les conversations dont il percevait d’inconnus échos, il avala rapidement d’une marche soutenue le chemin jusqu’à la ville, et s’engouffra dans sa rue principale. La encore, l’agitation régnait. Des gens pleuraient, criaient, se disputaient... Il n’avait plus vu une telle anarchie depuis... Non il devait oublier, ne plus se remémorer...


Prenant soudain conscience de son état assoiffé, il dirigea ses pas vers ce qui semblait à première vue une auberge. Entrant dans l’établissement, il se retrouva au milieu d’une salle bondée et s’assit à une table, dans un coin isolé. La encore, les clients palabraient avec animation, mais il ne savait de quoi...



Usant du pécule accordé par sa protectrice avant de disparaître, il commanda une bière locale et laissa la fraîcheur de la boisson soulager son gosier. Ce n’est qu’ensuite qu’il remarqua l’homme d’une cinquantaine d’années qui lisait le journal en face de lui. Il aurait aimé être seul... Mais l’autre ne désirait apparament que parler des derniers événement , car il lui lança:



  • Vous avez vu mon ami cette agitation ? La capitale est en emoi ?



  • Pour quelle raison ?, répliqua l’homme, revêche 



  • D’où sortez vous donc ? L’Eden est disparu dans les ombres, ses membres dispersés, son rêve, disparu.


Ne comprenant rien à ce que disais son interlocuteur, l’homme haussa les épaules. D’autres alliances, d’autres échecs... classique. Portant, il manqua de s’étouffer quand l’autre reprit:



  • Elle n’aura guère survécu à Altok



  • Altok ?



  • Bien sûr Elsa Altok, la guide de Bolingie. Ça vous dis quelque chose ?


Mais l’homme ne répondit pas. Son regard était figé dans le vide. Sur l’horizon. Et soudain, il se leva, marcha d’un pas décidé vers son unique but. 


Il y etait. Arrivant devant les portes du Palais Royal, il semblait avoir retrouver son entrain d’antan. Aussi ignoras il le murmure paniqué « ils arrivent » des gardes quand il passa la porte comme visiteur. Arrivé devant la salle d’audience, il lança d’une voix claire:



  • Je dois parler à la reine Daenerys Targaryen. C’est une urgence de premier ordre. 


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Lorkon Altok de Bolingie
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Il n’y a pas d’histoire, seulement la légende...
76e
Révérencia
Et l’artiste gagna l’ombre... 12/09/20 22:35



Il avait parcouru des déserts et des mers. Dérivé dans des tempêtes, bu à plein poumons l’eau salée de ses erreurs oubliées. Puis il avait débarqué sur un rivage, vêtu de haillons, le visage buriné et vieilli. Aigri par les années de pouvoir et les mois d’exil, il avait marcher sur cette plage brûlante, s’abreuvant des nouvelles des échecs de sa fille et de ses anciens alliés. 


Puis il avait décidé de reprendre la marche du pouvoir. Dans le palais de pierre de Valyria, il avait palabrer des heures durant avec la reine des dragons, lui prodiguant quelques conseils menus et surtout réclamant des vivres qu’il finit par obtenir. Parti sur les routes, il remonta le chemin calciné de ses anciens amis disparus ou toujours sur leurs trônes, avant d’arriver enfin en Empire Sith. Le soir même, la guide de la nation voisine de Bolingie Elsa Altok démissionnait suite à l’éradication de l’Arche.


Et c’est ainsi que dans un sursaut d’orgueil ou de sagesse, il avait repris les rênes. Acclamé en héros d’une nation en déroute, il avait promis le retour de l’ancienne gloire. Saluant les foules et s’extirpant de l’ombre, il reprit rapidement la présidence pour extirper son pays du bourbier. Mais, tandis qu’il tournait son regard usé vers la diplomatie mondiale, il lui sembla reconnaître un vieux pays familier.


Alors il s’en alla encore. Remonta vers le Nord, abandonna ses compagnons, et s’enfonça en Walitanie. Passant les contrôles et ignorant la peur et les menaces, il gagna la région interdite des montagnes du Nord. Et il le trouva la, reclus, mais toujours sage et aguerri. Le vieil homme de l’ombre, tapi dans les monts reculés de sa terre ancestrale, se tenait au milieu de ses derniers fidèles. 

Et ainsi se réunirent les deux amis qui avaient consumer le bloc des mercenaires du temps jadis. Ensemble, ils palabrèrent des jours entiers. Puis il repartit, ne sachant s’il avait convaincu l’arme des ténèbres de revenir au centre de la lumière. Et c’est alors qu’il revient peu après. Abou Doujana, le comploteur de jadis, s’affichait désormais comme le légitime maître du monde. 


Et le monde se renversa encore. Les Janissaires se retournèrent, et les mercenaires de jadis tombèrent à nouveau, ne se relevant que pour être écrasés par la roue du destin. Ainsi le Ronin jaillit des flammes pour imposer sa vision du monde et des hommes, éclairant les collines de ses nouveaux et anciens talents.


Mais l’ombre encore réclamait son dû, elle rappelait sans cesse ses agents pour laisser se battre les faux héros de la lumière. Et vint le temps où elle fut trop pressante. Quand l’ennemi changea de visage et devint moins repoussant, il fut l’heure pour les maîtres du nouveau monde, en voyant revenir vers eux l’oiseau de jadis, d’effectuer le salut d’artiste. Car toute gloire s’achève un jour, dans le vent de la nostalgie où les flammes de la défaite. Mais certains choisissent eux mêmes de quitter la scène. Et, à l’instar du Phénix ancien, il est l’heure pour l’artiste de l’ombre de regagner le cimetière des ténèbres, d’où il il préparera son futur retour. 

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